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50
ANS DE CHORALIES
Dans
les années 50, le grand élan né pendant la seconde
guerre mondiale, sous limpulsion dun homme qui crée
le bonheur par le chant choral, pousse les premières centaines
de chanteurs, jeunes gens et jeunes filles, à se rencontrer :
cest à Chamarande, en Île de France, dans la propriété
des Scouts de France, cest « Cham 50 ».
Ils
portent déjà le nom À Cur Joie. Ils vont
vivre huit jours quils ne pouvaient imaginer : autour de
cet homme, César Geoffray, dont le sourire choral est une philosophie,
on est heureux.
Une manière nouvelle de célébrer lart saffirme.
Tous les ingrédients qui font les Choralies sont là :
les chants densemble que lon exprime partout, à tout
moment, luvre commune qui porte lélan et lui
donne tout son sens dans une vie quotidienne où lon assure
et partage toutes les tâches, du lever du soleil à son
couchant, où lon sendort dans laccord des voix
qui nont cessé tout le jour dassouvir la quête
du beau et déclairer les visages.
La dernière nuit, après le grand concert salle Pleyel,
avec la première Cantate "le jour na point dombre",
les choristes ont chanté aux terrasses des cafés de Paris,
ce qui annonçait une future place Montfort.
On ne pouvait pas ne pas retrouver ce rendez-vous.
Ce serait dans trois ans. Mais il avait tellement plu, y compris sur
la veillée autour du château Louis XIII, préfiguration
de la soirée, puis de la journée costumée, que
tous les regards se tournaient vers "le Jazz du soleil".
Et ce fut Vaison, la rencontre historique en novembre 1952 entre César
Geoffray et le maire de la ville, le Docteur Desplans : Vaison
la Romaine quavait trouvé pour nous le chef de la Chorale
À Cur Joie dAvignon, labbé Georges Durand.
En août 53, en vastes dimensions, tout ce quavait fait la
joie de Chamarande allait pouvoir sexprimer avec la dimension
du soleil sur une terre qui semblait avoir été faite pour
À Cur Joie, où le nom Choralies jaillit comme un
nom déternité, où le théâtre
loffrait à des voix qui lattendait : un César
lavait construit, un Burrhus lavait restauré, un
nouveau César le faisait chanter.
Alors, vint "Salut au monde", la cantate de César Geoffray,
qui invitait les "pays solidaires, les pays du fer et de lacier,
les terres inséparables" à venir sous cette voûte
irremplaçable, "notre Mont Salvat" dira encore César
Geoffray.
Il ne pouvait y avoir dautre lieu, cette ville qui allait devenir
la Cité Chorale Européenne comme un phare choral de lunivers.
De trois ans en trois ans, pendant huit jours, la ville devenait par
le chant choral la cité radieuse, celle dont rêvait
Le Corbusier et quÀ Cur Joie et Vaison réalisaient.
Tous les chanteurs du monde y viennent, les meilleurs chefs de chur
y viennent, car cest là que lon entend chanter le
terre, cest là que lart choral populaire cest
à dire pour le plus grand nombre sépanouit,
nourri par un langage toujours exigeant.
Tous les maires de Vaison ont épousé les Choralies.
Cinquante ans après elles ont la même jeunesse créative.
Il semble quelles ne puissent pas avoir de fin.
Marcel CORNELOUP
Président d'honneur du Mouvement À Cur Joie International
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